
Hier, il m’est arrivé une chose horrible. Mon portable s’est déchargé.
S’il y a bien une chose qui est stressant quand on possède un téléphone mobile, c’est qu’il n’ait plus de batteries alors qu’on n'est pas chez soi. Un mobile, c’est tellement utile. On peut appeler quand on veut où on veut. Mais surtout, aujourd’hui, on peut prendre des photos, écouter de la musique, télécharger des jeux. Bref, le mobile a remplacé la cigarette : quand on ne sait pas quoi faire de ses mains, hop, on sort son téléphone et on revoit pour la énième fois tous les noms de son répertoire.
suite
Donc un mobile qui se décharge quand on attend le bus en pleine rue, c’est carrément l’angoisse. Que faire ? Regarder les gens, mais ils te regardent aussi, c’est super gênant. Regarder ses pieds, moui ce n’est pas super intéressant et on te prends pour une marginale extra timide. Regarder le ciel on va te prendre pour un azimuté. Bref, pour une non-fumeuse, un portable déchargé c’est la lose totale, on ne sait plus si on doit croiser les bras, mettre les mains dans ses poches, sur ses hanches, contre un mur.
Heureusement le jour où ça m’est arrivé, j’avais mon i-pod ! Donc au lieu de le mettre dans mon sac, les écouteurs aux oreilles, je le tripotais jusqu’à connaître les 3106 chansons que j’avais téléchargées- je me demande pourquoi vu que je n’écoute que ma play-list de 14 chansons !
Mais le i-pod ne peut pas faire substitut de mobile pour ce qui est de l’intérêt premier d’un mobile : passer un coup de fil. Or, je devais prendre le bus pour Soto, où on devait venir me chercher 45 minutes après. Comme toujours, je devais appeler une fois rentrée dans le bus pour prévenir que j’étais en route, afin qu’on vienne me chercher à l’heure.
Je monte donc dans le bus, avec mon portable déchargé, oubliant l’existence même des cabines téléphoniques, qui sont devenues pour moi comme une maison hantée. Au bout d’un quart d’heure, le stress grandissant de ne pouvoir allumer mon téléphone, je jette un coup d’œil aux alentours. Dans le rang d’à côté, deux femmes d’environ 65 ans, dont une qui tient dans sa main, alléluia, un portable rose (sans commentaire). Je tripote mon portable, j’hésite, est-ce que je me permets de lui demander que je mette ma carte SIM dans son téléphone ? Je l’ai déjà fait mais j’ai toujours demandé à des jeunes, cool et fashion, qui devaient connaître la galère d’être sans batterie. Les vieux ne connaissent pas, car le portable, c’est pour appeler, uniquement pour appeler, le reste du temps, il est branché. Mais dans ce bus, la moyenne d’âge est de 60 ans, ici, je ne suis qu’un bébé.
J’observe les deux femmes cinq minutes ; elles me paraissent normales, elles discutent tranquillement, elles ont l’air d’être ouvertes, pas de ces vieilles femmes qui ont peur de tout et qui vont te faire une crise cardiaque si tu leur demandes l’heure.
Allez, prenant mon courage à demain, la nécessité d’appeler étant plus fort que tout- oui, parce que si on ne vient pas me chercher au village, je vais devoir me taper vingt minutes de marche…avec mes escarpins-, je me dresse, m’assieds sur le siège d’à côté, me concentre pour sortir ma voix la plus suave et leur adresse la parole.
Ah oui, le problème, c’est que c’est en espagnol, et je ne sais pas comment on dit ni batterie, ni carte SIM, ni décharger. Bon, je leur demande quand même, avec mes mots à moi, en faisant des gestes de clown, leur montrant mon mobile et le portable rose qui pend à la main de la première.
Je n’ai pas dû bien me faire comprendre. Tout d’un coup, dirais-je même, tout de suite car je n’ai pas pu terminé mes explications, un flot de paroles se déverse et je n’ai pu comprendre que ‘’enchufar’’. Usted tiene que enchufar. En gros, la dame m’a répété, que je devais brancher mon portable.
…
Grosse goutte d’eau sur ma tempe gauche, façon manga.
…
Elle me prend pour une conne là. Non, mais c’est ça, je suis une grosse IMBECILE qui ne sait pas que pour que le portable se recharge il faut le BRANCHER !!!!!!
Passant ma surprise, j’essaie de lui demander si elle ne peut pas me prêter son mobile. ‘’Pero blababla, enchufar, blablablabla, para que, blablablabla, tiene que enchufar su móvil, blablabla’’
D’ac-cord. Muchas gracias señora, vous m’avez été d’une aide précieuse. La prochaine fois, je penserai à prendre mon rechargeur pour pouvoir brancher mon téléphone dans le bus afin de ne plus embêter les dames charmantes comme vous-même.
Sans blague.
J’ai de la chance, les deux hommes de derrière ont vu mon cas désespéré et mon air ahuri (j’étais à la limite de pleurer, ou cette dame me prend pour la dernière des tébés ou elle a un QI de chauve-souris). Un d’eux se penche pour me demander le problème…non, non, je n’étais pas en train d’agresser la vielle dame, je vous assure !!
Après lui avoir expliquer, il me prête gentiment son portable. Manque de pot, le sien aussi n’a pas assez de batterie, je peux l’allumer mais pas appeler. Je le lui dis, il me dit si, si, vous devez l’allumer.
Gouic.
Je dois vraiment avoir une tête d’imbécile.
Je suis obligée de lui montrer son portable, de l’allumer devant lui et d’attendre que le portable se coupe pour qu’il comprenne – je tiens à préciser que mon espagnol n’était pas la cause de toute cette incompréhension.
Au bout de dix minutes, je trouve enfin un portable valable. Tout en appelant, je vois du coin de l’œil que les deux dames parlent de moi (je ne l’entends pas, je le vois). Vous savez, d’un style désapprobateur comme seules les vieilles dames peuvent le faire, disant oui de la tête d’un air dégoûté avec la main sous le menton, pinçant les lèvres et haussant les sourcils, genre, ‘ces jeunes de maintenant, plus aucun respect pour rien’….
J’ai trouvé pire angoisse que de simplement avoir un mobile déchargé : avoir à demander de l’aide quand on a un mobile déchargé.
Je préfère tourner la tête vers la fenêtre. Dans une demi-heure, je vais pouvoir brancher mon portable. Et elles, elles peuvent aller s’enchufar ailleurs.
réduire
16 juillet 2007
Le cauchemard du téléphone

Hier, il m’est arrivé une chose horrible. Mon portable s’est déchargé.
S’il y a bien une chose qui est stressant quand on possède un téléphone mobile, c’est qu’il n’ait plus de batteries alors qu’on n'est pas chez soi. Un mobile, c’est tellement utile. On peut appeler quand on veut où on veut. Mais surtout, aujourd’hui, on peut prendre des photos, écouter de la musique, télécharger des jeux. Bref, le mobile a remplacé la cigarette : quand on ne sait pas quoi faire de ses mains, hop, on sort son téléphone et on revoit pour la énième fois tous les noms de son répertoire.
suite
Publié par Caylony 0 commentaires
Thèmes Espagne, Les misères quotidiennes, Rencontre du 3eme type
10 juillet 2007
Happy is the man who forgets what he cannot change
La vie ici est vraiment tranquille. La famille pour laquelle je travaille en tant que fille au-pair possède une petite maison dans une petite résidence composée de onze autres petites maisons toutes identiques, formant un rectangle. A l’intérieur de ce rectangle, un petit jardin avec une piscine commune. On est en Espagne, il ne fait généralement pas moins de 30 degrés à cette époque donc la piscine c’est le must.
Oui mais voilà.
suite
Voilà, moi, je croyais, quand ils me disaient qu’ils avaient une piscine, qu’elle était de leur propriété privée. Ainsi, cela ne m’aurait pas dérangé de me baigner si seuls eux me voyaient, ainsi que les enfants ou même les amis des enfants.
Une piscine commune, ça change tout. Déjà, vu la configuration de la résidence, tout le monde peut te voir te baigner depuis sa fenêtre de chambre. Ensuite, il n’y a pas que les enfants qui se baignent, il y a aussi tous les parents.
On m’avait dit que les Espagnoles étaient poilues et grasses. Alors je me suis dit, hah, super, je ne serais pas la seule ! Pas de quoi complexer, je peux exposer mes bras de yéti, mes bourrelets au ventre et la cellulite de mes cuisses.
Certes, elles sont poilues… en fait, je ne pense pas qu’elles soient plus poilues que les Européennes du Nord mais elles ont des poils très noirs sur une peau plus ou moins mate ou blanche. Bon d’accord, il y en a qui sont vraiment très poilues- j’ai fait la connaissance d’une maman qui avait un duvet partant des oreilles vers la bouche…
Mais ici, elles sont carrément pas grosses. Ni grasses. Ni flasques. La seule que j’ai vue avec de la cellulite était enceinte.
Le cauchemar. Je me suis retrouvée dans une résidence bourrée de femmes au foyer toutes plus minces les unes que les autres.
Je vous assure que cela a de l’importance quand vous vous sentez moche et grosse, flasque, celluliteuse, vergetureuse, bref, la totale. Je l’avoue, je suis une complexée.
Les complexées ont un problème : leur complexe est parfois une obsession. Il est impossible de les oublier, définition même d’un complexe. Ce qui signifie qu’il est impossible de ne pas penser à son complexe quand il faut le montrer. Car les complexes ne sont complexes que quand les autres peuvent le voir. La solution est donc de les cacher.
Et comment fais-tu pour cacher un complexe telle que les bourrelets et la cellulite ? Tu ne te baignes pas.
Alors me voilà, au soleil, près de la piscine, avec ma mini jupe et mon débardeur, suant à 35 degrés au soleil, pendant que tout le monde barbote gaiement dans l’eau fraîche. Ils me demandent si je ne veux pas me baigner : ‘’non merci, l’eau est un peu froide à mon goût’’. Ce n’est pas entièrement un mensonge, la première fois que je suis rentrée dans la piscine – ou plutôt que j’ai sauté dedans après avoir lâché la serviette juste au bord- je me suis gelée jusqu’à la racine des cheveux.
Mais je préfèrerais quand même nager. Je n’en peux plus, je vais attraper une insolation, je ne vais plus avoir de peau avant la fin du mois à force.
Alors autre solution que de rester comme une idiote au bord de la piscine, et en plus vêtue : je ne sors plus de la maison. Ainsi, voilà que je passe les heures où tout le monde se baigne, dans ma chambre, au sous-sol, loin de la lumière (mais pas loin de la chaleur), toute seule, à taper des imbécillités sur le portable.
En dix jours, je n’ai pas bronzé d’un centimètre de peau. 
Si seulement je pouvais oublier que j’avais des bourrelets. Toute autre option n’est pas valable : rentrer le ventre ne fait pas disparaître les bourrelets de côté, à moins d’essayer en même temps de s’allonger et de ne plus respirer- ni la cellulite. Se baigner aux heures où il n’y a personne non plus, il ne fait pas assez chaud et de toute façon ce sont les heures où je m’occupe des enfants. Se baigner en maillot de bain combinaison n’est certainement pas l’option pour avoir l’air moins con.
Conclusion : je suis coincée. Je ne dirai pas je suis coincée dans mon corps ; non, je suis coincée dans ma tête. Car si je ne pensais pas à ses fichus complexes, je m’éclaterais plus, on me prendrait moins pour une fille bizarre (LA fille qui ne se baigne pas) et plus que ça, je serai carrément heureuse car je n’aurais aucun souci dans ma vie vu que actuellement c’est la seule ombre au tableau. Si je pouvais oublier mes complexes, je serais une femme libérée, épanouie. Heureux est celui qui peut oublier ce qu’il ne peut changer.
Mais dis donc, j’y pense, ce que je ne peux changer ? Mais bien sûr alors que je pourrais être heureuse : je vais maigrir pour perdre les bourrelets et faire du sport pour perdre la cellulite. Donc, manger moins et équilibré et courir tous les deux jours…
Ouf, tout un programme.
Euh, finalement je préfère rester dans ma chambre, j’y suis très heureuse. Je ne veux pas crever de faim et faire un jogging, c’est barbare.
Je resterai complexée, et tant pis, je le revendique: Happy is the lazy girl who forgets what she has no courage to change.
(vraiment, cette citation est ridicule, j’ai honte)
réduire
Publié par Caylony 0 commentaires
Thèmes Espagne, Les misères quotidiennes
1 juillet 2007
Neuf semaines et demi
Jusqu’alors je n’y avais pas pensé. Mais voilà que cela fait près d’une semaine que je suis en Espagne, bien installée et heureuse comme une sainte, loin de lui et donc loin de… pouvoir avoir des rapports. Je sais que pour certaines la distance n’est pas un problème, elles trouvent toujours un indigène pour combler leur désir et ça ne les gêne pas de revenir ni vu ni connu, s’allonger après pour le soi-disant être aimé. Je ne suis pas de celles-là.
suite
La seule fois où j’ai été infidèle dans ma vie, j’ai quitté l’officiel une semaine après… et je l’ai trompé avec des becquots.
Ainsi j’ai fait vœu de chasteté sans le vouloir. Dix semaines sans sexe. En cinq ans de relations, cela n’était jamais arrivé. Bon on n’est pas des dieux du sexe, la seule fois qu’on a eu des rapports cinq fois dans la journée c’est parce qu’on s’ennuyait à en mourir. Et c’est plutôt pépère – d’ailleurs je me demande si à notre âge, avec le si peu nombre d’années qu’on est ensemble, c’est normal. Pas q’il y ait une normalité mais on dit qu’avec le mariage cela s’espace… et bien dis donc, il ne vaut mieux pas qu’on se marie si on veut continuer à coucher ensemble.
Tout de même, deux mois, c’est long. C’est long pour le cœur mais c’est long aussi pour le corps. Etant donné que je l’ai quitté sans un brin de libido, je ne m’étais pas inquiétée. Aujourd’hui je n’ai pas plus de libido mais je ne peux m’empêcher de penser à lui et à son corps de dieu – oui, oui j’ai cette chance-là et j’espère ne la partager avec aucune autre durant ces dix longues semaines. Ainsi je me demande : encore neuf semaines et demi ,et pas de sexe ?? Im-po-cible. Mais comment font tous ces gens qui vivent une relation à distance ? Comment font ces gens qui partent 6 mois ou 1 an à l’étranger ? Je croyais que le sexe était indispensable, que les Français d’aujourd’hui ( et d’hier certainement) ne pouvaient pas s’en passer. N’a-t-on pas une réputation de chaud lapin ? Et bien moi, je vais devoir refouler mon côté chaud lapine pendant encore 60 jours.
Certains ont recours à des sex plans B : vous savez comme dans American Pie, la conversation téléphonique qui se transforme en téléphone rose… moui bof, moi quand je l’entends au tél, j’ai plutôt envie de rire. Non pas que sa voix n’est pas sensuelle mais 80% de sa conversation est une pure blague.
Le recours à des photos ne m’intéresse pas non plus. Je bave complètement devant lui certes mais il n’a aucune position lascive qui réveillerait ma libido et les photos en fait me font déprimer - qu’est-ce que j’aimerais être dans la photo pour être à côté de lui- ou plutôt, soyons logiques ,qu’est-ce que j’aimerais qu’il sorte de la photo pour être à côté de moi…. Auquel cas la question de pas de sexe pendant deux mois ne se poserait pas.
Et de toute manière tous ces systèmes ne remplacent vraiment pas l’essentiel de l’intéressant. Je vais donc devoir me dessécher pendant encore neuf semaines. Remarque, je m’adapte au pays. Je dis bien au pays, pas au gens. Parce que, je vais être honnête, les Robertos ne sont vraiment pas mon type, mais il y en a qui sont vraiment chauds. Donc ces neuf semaines et demi qui me restent seront loin d’être érotiques, de près ou de loin. Je vais devoir me concentrer à fond sur le culturel du pays- ne me dites pas que les Espagnols ont une culture à la Rocco.
Cela finalement ne m’angoisse pas vraiment – je ne suis vraiment pas la Française excitante, je vais en décevoir de nombreux…- j’angoisse par contre pour le retour…. Ça va rentrer ?
réduire
Publié par Caylony 0 commentaires
Thèmes Espagne, Histoire de couples
28 juin 2007
Le jour où j'ai raté l'avion

Je n'ai jamais raté un train de ma vie, j'arrive le plus souvent toujours en avance, je suis toujours la cloche qui fait la grue en attendant les autres pendant 20 minutes, en bref, je suis rarement en retard, et quand je le suis, ce n'est pas grave - par exemple, arriver 10 minutes en retard dans l'amphi, si tu n'es pas en médecine, tu peux t'en sortir sans traumatsime.
Non, mais il a fallu que je rate l'avion le jour où quelque chose d'important m'arrivait, le jour où il fallait que je fasse bonne impression, bref, le jour-j. Et c'est l'avion que j'ai raté, vous savez cette chose qu'on trouve dans les aéroports, dans lesquels vous devez vous présenter deux heures avant le décollage... comment j'ai fait? hmf
suite
Dire que je ne voulais même pas dormir la veille. Je voulais passer une nuit blanche avec mon homme pour profiter et hop sauter dans l’avion, j’aurais toujours deux heures pour me reposer jusque Madrid. J’ai aussi vérifié l’alarme de mon téléphone. Je l’avais mis à 5h30 pour qu’on parte à 6h pour qu’on arrive à l’aéroport vers 7h30 et mon avion décollait une heure plus tard.
Ce beau matin, je reçois un message. Un peu hébétée de recevoir un sms si tôt, je lève doucement ma tête, j’attrape mon mobile d’une main lourde, je réussis à ouvrir un demi-œil, et voilà, je lis le message. C’est S… qu’est-ce qu’elle est gentille, elle me souhaite un bon voyage, je l’adore. Heureuse qu’elle ait pensée à moi de si bonne heure et excitée par la perspective du voyage, je décide de ne pas refermer mon œil maintenant bien ouvert et même d’ouvrir le deuxième afin de lire l’heure et savoir si je traîne un peu dans le lit ou si je me lève tranquillement. Et là, que vois-je !!! 6h50. Je relis, en une seconde et demie je me dis que je suis vraiment dans le brouillard. 6h51.
J’ai littéralement sauté du lit. Un bond comme ça, j’aurais pu rentrer dans les records. Et en plus du bond, j’ai crié ‘’IL EST 7h’’. Pas le temps de penser, mon homme a sauté aussi, j’ai pris une culotte, un soutif, n’importe quelle fringue qui passait par là, me suis habillée en moins de temps qu’il ne faut pour dire il est 7h, et je n’avais pas encore terminé de fermer ma braguette que lui était déjà en train de démarrer la voiture.
On est parti comme ça, sans se brosser les dents, sans se coiffer, en laissant ma chambre dans un état de post tornade alors qu’il fallait qu’elle soit propre pour ma tante, sans que je puisse dire au revoir à ma maison, sans que je puisse comprendre comment la porte s’est refermée derrière moi.
A 6h55 on quittait le jardin.
Je ne pouvais pas le croire, dans la voiture, je répétais, il est 7h, je rate mon avion, c’est pas possible, c’est pas possible, c’est pôôô pô-cible. Je revérifie… si, si, c’est bien ça, il est 7h05 à présent. Et lui, qui croit bien faire, prend un autre chemin que d’habitude, pensant que à cette heure-ci, le chemin de d´habitude est bourré de trafic ; résultat, on tombe sur des travaux, qui nous font perdre plus d’un quart d´heure.
J’ai éclaté en sanglot.
Comment ÇA a pu m’arriver. A moi ! Ce jour-là, rater l’avion, et que vont-ils penser de moi ? Je ne suis même pas capable de me lever pour prendre un avion, un fichu avion que je ne prends qu’une fois par an ?! Ça fout mal, je vous assure, j’étais mal.
Quand j’ai fini de pleurer, j’étais dans un tel état d’angoisse, j’ai cru que plus jamais je ne pourrais avoir de travail. J’étais tellement dans un état second que je disais même ‘’heureusement qu’elle m’a envoyé ce message sinon c’est sûr, je ratais l’avion’’….pff, tu parles, je l’ai raté cet avion. On est arrivé à neuf heures à l’aéroport. Et même si on était arrivé à l’heure, le check-in était clos à huit heures moins vingt. Je n’avais aucune chance.
Comment a-t-on pu espérer faire un trajet de deux heures en une demi-heure ? Je vais vous dire, l’angoisse, l’incompréhension et le désespoir,- oui, oui le désespoir, j’étais désespérée comme si je ratais mon mariage- vous font croire que votre voiture est un avion.
Je suis repartie le lendemain. Depuis, je fais la tête à mon portable. Il avait l’habitude d’être mon meilleur ami, maintenant il peut crever dans une benne à électronique, je ne regretterais pas une seule touche.
Et j’ai dit à S qu’elle aurait pu se lever plus tôt quand même, franchement, c’est de sa faute, si elle m’avait envoyé ce message à cinq heures, je n’aurais JAMAIS RATÉ L’AVION !!! Bon voyage, qu’elle me dit ?!! Ouais, c’est ça ! Et bien bonne usine à poulets !
réduire
Publié par Caylony 1 commentaires
Thèmes 1 jour pas comme les autres, Espagne, Quand j'oublie mes neurones
25 juin 2007
Jour-j

Ou plutôt Dìa-D… ça y est ! Je pars !!!
Enfin !! c’est demain matin que je prends l’avion pour Madrid. Non, ne croyez pas que la vie est super cool pour moi, que je me paie deux mois de vacances à l’espagnole. Je ne vais pas chômer. Bon d’accord, mon job c’est fille au-pair, ce n’est pas l’usine au poulet comme ma copine S mais tout de même, s’occuper d’enfants n’est pas de tout repos, surtout quand c’est quinze heures sur vingt quatre heures… je dis ça mais je ne sais pas vraiment, ça peut être plus, ça peut être moins.
suite
Pourquoi Madrid ? Je n’avais pas du tout l’intention d’y aller. Je voulais progresser en anglais et donc partir au Royaume-Uni. Et puis je me suis dit que je n’étais même pas capable de dire comment je m’appelle en espagnole après cinq années d’étude ( même si depuis quatre ans je n’ai jamais ouvert un bouquin d’espagnol) donc je me suis portée candidate pour l’Espagne aussi.
Au début ça traînait et un beau jour… pfit, une dame m’a contactée, on t’aime bien, on te prend, on ne cherche même pas ailleurs ! Wow, tout d’un coup mon égo est monté en flèche vu que cette famille avait près de 200 candidates qui l’avaient contactée ! En même temps, je l’avoue, j’ai bien peaufiné mon CV. Que je suis hyperdynamique, -ouarf, ouarf, ouarf-, que j’adore jouer avec les enfants – oui 20 minutes ça va bien-, que je m’adapte trop facilement -tant qu’ils ne me font pas manger leur tortilla remplie à 95% d’huile…. Mais naaan, j’exagère, je n’ai pas triché sur mon CV mais je n’ai pas dit non plus que j’aimais rester enfermée dans ma chambre- au grand désespoir de mes parents il y a quelques années, que oui je faisais de la danse classique mais j’avais aussi plein de bourrelets et des pieds plats, que j’étais collée à l’écran de mon ordi, que je n’aimais pas et ne savais pas cuisiner. Et que je n’aimais même pas parler espagnole, hahaha !
Considérant les enfants, que je m’en fous royalement s’ils ne font pas partie de ma famille… hic… encore là j’exagère, une année j’ai fait animatrice dans un centre aéré et je me suis bien marrée.
Tout de même, une expérience comme ça, on n’en rencontre pas tous les jours. Alors ma belle-mère a bien essayé de me faire culpabiliser. De but en blanc, elle me sort : ‘’mais pourquoi deux mois’’, euh, quoi ? Oui, en gros ce qu’elle voulait dire, c’est que j’abandonnais lâchement son pauvre fils pour aller m’éclater dans le pays le plus chaud d’Europe. Elle a réussi à me faire culpabiliser. Je me suis traitée d’égoïste et de femme sans cœur. Et puis j’ai parlé à ma mère qui elle serait plus du genre à me dire, ‘’et pourquoi pas 12 mois’’…hmf. Tout d’un coup je me suis dit, flûte, mon homme je l’adore d’amour et je sais que c’est réciproque, on a des projets ensemble, c’est pas deux mois qui vont nous séparer.. enfin je veux dire, entre nous, c’est du sérieux.
Et je ne peux pas rater une telle occasion. Au-pair, c’est le job le plus cool du monde. Tu t’occupes d’enfants – et pas de poulets (elle m’a traumatisée avec ses poulets), tu te cultives en même temps, tu voyages, tu es logée et nourrie, et bon tu as un peu –un tout petit peu- d’argent de poche. Il faut juste espérer ne pas tomber sur la famille stricte où on doit prier en se levant, en se couchant, pour manger ( je me demande parfois s’ils ne remercient pas aussi le seigneur quand ils se soulagent) ou une famille psychotique où les parents partagent leur joint avec les gosses qui ne connaissent du monde extérieur que ce qu’ils voient à la télé.
J’espère que demain je verrais une famille normale, qui m’accueillera bien et qui me donne ainsi la motivation de suivre mon CV à la lettre, sinon plus. Hasta la vista.
réduire
Publié par Caylony 0 commentaires
Thèmes 1 jour pas comme les autres, Espagne
24 juin 2007
Pourquoi blablater
Je suis une femme donc c'est normal, j'aime parler. Je parle de tout, de ce que je pense, de ce que je ressens, de ce que je vis, ai vécu, vivrai, des autres, du monde, bref, absolument tout.
suite
Et je parle tout le temps, enfin pas le matin quand je me lève; je suis tellement dans le gaz que devant mon café je ne peux que contempler avec béatitude le lever du jour, et si j'ai de la chance (dans cette région), le lever du soleil. Il ne faut surtout pas me parler le matin, il y en a un qui pourra confirmer. A part à l'heure du ptit dèj, je parle tout le temps, ou du moins j'aimerais parler tout le temps car c'est vrai qu'il y a des situations impossibles, en cours déjà, oui forcément -quoique ça ne m'empêche pas tellement-, pendant une cérémonie, de mariage, d'honneur et je ne sais quoi que l'homme a inventé pour ne pas s'ennuyer... mais au final où on s'ennuie à mourir.
Et je parle partout. Même dans le lit, au grand regret de mon être aimé qui estime que le lit ne sert qu'à dormir ou à faire l'amour (dans cet ordre de priorité). Même dans mon sommeil je parle! Lui ça le fait rire, je discute quand je dors, si, si, je dis-cute.
Non, je ne peux m'arrêter. Et donc le problème c'est que j'ai l'impression d'être la seule qui aime parler. Ah non, j'ai une amie qui est plus bavarde que moi, tellement bavarde qu'on sort à 18h et quand je rentre chez moi je vais me coucher. Et pourtant, elle et moi n'avons pas une vie beaucoup plus intéressante que les autres, enfin je ne pense pas. Alors que racontons-nous? Bon elle, ce n'est pas difficile ce sont souvent des commérages. Je connais plus la vie de ses connaissances, que je n'ai jamais vues, que la vie de mon homme. En même temps, c'est bien connu, les hommes ne parlent jamais. Alors de temps en temps je découvre encore des choses à propos de lui. Ah au moins on ne s'ennuie pas, me direz-vous, mais en fait, pour une bavarde, un homme silencieux, c'est terrible. Quoique d'un autre côté, c'est moi qui parle. Donc je fais mon petit monologue tranquillement - comme je le fais maintenant d'ailleurs- je ne lui demande rien (j'essaie) et bon je continue de parler.
Mais donc, disais-je, qu'ai-je à raconter?
...
Je ne peux même pas dire moi-même, c'est un flot de paroles qui se déverse, que je ne peux réprimer. Ne cherchez pas à savoir s'il y a des troubles psy derrière tout ça. Je parle et c'est tout. Et comme je commence à soûler mon entourage, j'ai décidé de me défouler on-line! Toc
PS : ma mère aussi parle beaucoup, serait-ce héréditaire?
réduire
Publié par Caylony 0 commentaires
Thèmes Le pourquoi du comment