En septembre, on saute le pas. Mon doudou et moi s’installons ensemble, au bout de cinq ans de relation plus ou moins tumultueuse et alors qu’on est au début de nos vingtaines.
Pour moi, c’est un saut à l’élastique. De ce fait, chercher un appartement revêt une importance historique.
Cependant, cela ne signifie pas autant pour lui. Bon d’accord, je suis partie deux mois en Espagne, ce qui fait que actuellement, celle qui ne peut rien faire pour chercher un appart, c’est moi. Mais bon, on en avait parlé avant et il était super motivé pour le chercher tout seul, aidé s’il le faut de ses potes. Ça c’était en juillet.
Depuis, ça fait deux semaines qu’on est en août, qu’il travaille toujours autant et qu’il me dit qu’il est fatigué. Il m’avait quand même promis d’appeler activement les numéros que MOI j’ai cherché et de prendre des rendez-vous pour le samedi, hier.
Résultat, je l’appelle hier soir, toute excitée à l’idée de ce qu’il va me raconter.
« -Alors mon chéri, qu’est-ce que ça a donné ?
-De quoi ? »
Hm, ça commence bien. Est-ce qu’il est au courant que ça fait une semaine qu’on ne parle que d’un sujet au téléphone ?
« -T’es à Rennes là, t’as visité des apparts.
-Non. Je suis chez moi. »
Je reste bouche bée. Mais il ne peut pas le voir. Je lui demande pourquoi, s’il avait appelé les 15 numéros
« Non, j’en ai appelé cinq. »
Honnêtement, quel est l’intérêt de n’en appeler que cinq ? Pourquoi pas tout d’un coup, histoire d’augmenter sa chance ?
Et pis il rajoute : « de toute façon, je n’avais pas envie d’aller à Rennes. »
Il doit rigoler. Envie ? envie ? non mais parce que tu crois que tu dois avoir envie d’y aller ?????
C’est une obligation, tu m’entends ? ET notre appart ? Et nous, notre vie ? Et notre amour ?
J’avais rêvé que ce soit un rêve, cette recherche d’appart. Ça s’est tourné un conflit où j’ai remis beaucoup de choses en question parce que monsieur était fatigué (il n’est pas fatigué pour voir ses potes jusque dans la nuit) et en plus il me reproche presque d’être à Madrid maintenant.
Si cela commence comme ça, est-on vraiment prêt à s’installer ensemble ? J’aurais mieux faire de dire que je prends mon appart toute seule et je l’aurais cherché toute seule comme une grande à mon retour, en une semaine, avant la rentrée.
Et lui, tant pis pour lui.
12 août 2007
S’installer ensemble
Publié par Caylony 0 commentaires
Thèmes Histoire de couples
11 août 2007
Ay, maman

C'est une famille espagnole mais je suppose qu'on en trouve comme ça partout. Je ne sais pas si c'est un drame ou une comédie, ça me paraît parfois ahurissant, parfois amusant. Ça a commencé un après-midi au début du mois de juillet – enfin, je suppose que ça a commencé bien avant… Imaginez-vous un petit bout de chou de 20 mois environ…bon, petit bout de chou assez monstrueux en vérité – la première semaine avec lui, je me suis retrouvée avec des croûtes et des rougeurs sur le visage et les bras ? Ne dit-on pas que les enfants sont naturellement innocents et angéliques … ben lui c’est plutôt l’antéchrist. Enfin, je m’éloigne du sujet…quoique cela montre que, plus qu’une petite créature à protéger, c’est un futur kamikaze.
suite
Donc cette après midi là, le petit bout de chou courait encore partout et tout d’un coup, il est tombé…wow !.. c’est vrai, rien d’exceptionnel dans ce fait. Avez-vous déjà rencontré un enfant qui ne tombe jamais. ? Je crois que les genoux les plus résistants avec la peau la plus épaisse sont ceux des gosses de moins de huit ans.
Mais ce jour, il est tombé sur les genoux, se retrouvant à quatre pattes comme on en voit chaque jour dans les cours de récréation. Ce n’est pas pour autant que les ambulances sont surchargées dans les écoles. Pourtant ce jour là, j’ai bien cru que la mère allait appeler les urgences. Elle était à 60 mètres de lui, discutant avec moi, qui ai vu le petit tombé en même temps qu’elle. Mais bon, moi, je ne réagis pas (bon d’accord j’aurais au moins pu faire ‘’han !’’ ) mais la réaction de la maman a été quelque peu disproportionné, selon moi. Elle crie : Dios moi, Daniel se ha caido’ , elle lâche ce qu’elle avait dans les mains, elle me laisse en plan, court le sprint de sa vie (je comprends maintenant comment les mamans font pour garder la ligne) et se précipite sur lui comme s’il était tombé tète la première du second étage. A dire comme ça, ça paraît rien mais… j’avais l’impression d’être dans un monde parallèle car tout s’est passé en 4 secondes 14 et comme si cette maman avait vu toute sa vie défilé devant ses yeux à la manière des agonisants (d’après les téléfilms). Au final, le gosse a juste eu les genoux noirs de poussière.
Et alors qu’il n’avait pas pleurer une seconde après sa chute et durant la seconde de réaction de sa mère ainsi ses deux secondes 14 de course, ni quand elle l’a ramassé, il s’est soudainement mis à crier quand elle l’a couvert de baisers en cherchant la trou fatidique à ses genoux. Bon d’accord, parfois on ne ressent la douleur que 5 secondes après le coup mais là, j’avais bien vu qu’il étai prêt à repartir avant qu’elle ne le prenne dans ses bras.
Non, non, tout simplement, sa mère lui a fait peur !!
Je ne suis pas encore mère, mais je crois que celles qui paniquent quand un moustique pique leur rejeton devraient essayer de prendre sur elle… l’enfant était traumatisé !
Et cela n’est qu’une anecdote… ça s’est passé il y a un mois, et en quatre semaines, il y en a eu d’autres. De la part de la grand-mère aussi- la mère de la mère…était-ce la peine de le préciser ?
Comme cette fois où le petit bout de chou dansait à côté d’un tabouret et a commencé à tomber… je dis bien « a commencé », car avant qu’il ne termine sa chute sur ses fesses bien rebondies de bébé avec la sainte protection au surplus de la couche, la grand-mère s’est jetée sur lui pour essayer de le rattraper mais tellement vite, trop vite, qu’au final, elle a fait un roulé boulé sur lui, ils sont tous les deux tombés entre le mur et le tabouret, elle la tête dans ce tabouret, lui les quatre jambes en l’air, la joue collée au sol.
Franchement.
La semaine dernière, elle nous refait un coup pareil quand le gosse est tombé alors qu’on faisait la vaisselle. Pour le rassurer je dis ‘no ha pasado nada’, qu’il se relève tranquillement mais non, elle, elle lâche la vaisselle sur moi, dans l’évier, même par terre, se rue sur lui et l’attrape par le pied. Le pauvre perd donc encore plus l’équilibre et son front vient heurter le carrelage ! Lee beaaau bleeu grâce à grand-mère !
Ces fois-là, je ne savais pas s’il fallait rire ou s’exaspérer – je crois que la première fois j’étais abasourdie, la deuxième hilare (la grand-mère dans le tabouret m’a fait rire intérieurement) et la troisième m’a finalement exaspéré. Mais il y a des fois, ça me fait carrément paniquer. C’est dire ! Imaginez que la réaction de cette femme me fasse paniquer moi ! Rendez vous compte alors de l’état de l’enfant !
C’est ce qui est arrivé avant-hier.
Il mangeait sa tortilla et un morceau n’est pas passé au bon endroit.. .bon, il commence à tousser, à cracher, je m’inquiète sans m’inquiéter (cela arrive aussi chez les jeunes enfants…et les moins jeunes d’ailleurs), je tapote son dos, ça semble passer.
Mais tout d’un coup, Vlam !! Que pasa ?! Chiouf, houu, ouiiiin.
Traduction : la mère arrive en courant (il doit y avoir un toboggan qui part du premier étage..), ouvre la porte style tornade de type 12, ‘que pasa’, attrape le gosse comme un sac de patates, le renverse et le maintient ainsi, tête incliné vers le bas pendant 10 secondes, au bout desquelles le pauvre chou se met à hurler.
Mon état : choc traumatique, je ne pourrais plus jamais avoir d’enfants. Mon cœur est passé de 75 à 125 en moins de 6 secondes.
Etat de Daniel : mutation en tomate mouillée. J’ai cru qu’il allait mourir pour de vrai.
Une fois qu’il pleurait bien comme il faut, elle l’a reposé doucement, m’a regardé et m’a lâche le plus calmement du monde :’quand ça ne passe pas, la prochaine fois, il faut faire comme ça’. Je prie tous les saints et les archanges qu’il n’ait pas de prochaine fois. La maman est repartie à ses affaires.
Et moi, je me suis assise, j’ai essayé, toute tremblante de lui redonner cette tortilla de malheur…honnêtement, le tapotage du dos, ça ne suffisait pas ?
Je n’ai jamais vu nulle part et on ne m’a jamais dit qu’il fallait remuer l’enfant comme un milk-shake pour le sauver d’un morceau qui passe mal.
Enfin, après tout, je me dis qu’elle doit savoir mieux que moi, elle est maman deux fois…
Quand même, je te remercie maman pour ne pas avoir fait de mon enfance une comédie dramatique. Mon niveau de stress est déjà suffisamment élevé.
réduire
Publié par Caylony 1 commentaires
Thèmes Espagne, Rencontre du 3eme type
9 août 2007
J’veux du pain
Je lance un appel à l’aide. JF, 22 ans, cherche pain désespérément.
Non, ce n’est pas une blague. Ici, le matin, je deviens folle. Avec mon café ou mon chocolat au lait, je me gave de biscuit. Ce n’est pas qu’ils sont mauvais mais j’aimerais un toast avec du beurre dessus. Un toast de pain. Du vrai pain. Pas de ce pain dur et bizarre qu’ils me servent le soir pour manger avec la sauce. Cette sorte de pain où l’extérieur t’abîme les dents et l’intérieur insulte les papilles de ta langue. Je veux du vrai pain, seul comme j’en ai mangé en France. Je pensais que le mythe du pain français n’était que ça, un mythe. Mais non. Pour avoir pas mal voyagé, je confirme que le pain français, c’est le meilleur. Je ne suis pas chauviniste (quoique je pourrais le devenir à force d’être ici).
Seulement jusque là, cela ne m’avait pas marqué parce que mon plus long séjour à l’étranger a duré trois semaines, aux Etats-Unis, et leur pain n’était pas si mauvais.
Mais ici, je craque. Plus d’un mois sans manger un bonne baguette bien moelleuse ou croquante juste comme il le faut. Et leur pain ici n’est vraiment pas bon - c’est le pire que j’ai mangé après le pain italien… les méditerranéens seraient-ils piètres boulangers ?
Je rentre dans un peu moins d’un mois. Mon avion atterrira à Beauvais à 8h du matin. La première chose que je ferai en sortant de l’aéroport ? Chercher une boulangerie.
Vive le pain français.
Publié par Caylony 1 commentaires
Thèmes Espagne, Les misères quotidiennes
5 août 2007
Une thérapie à la mode
Je reviens à l’instant de shopping. J’ai acheté quelques jeans et des tops. Quoi de plus banal pour une nana de 22 ans que d’aller acheter des fringues, accompagnée d’une autre minette, à papoter toute l’après midi dans le centre commercial ?
Mais pour moi, cette partie shopping est loin d’être banale. Car en trois semaines, c’est le quatrième après midi entier que je passe dans les magasins, moi qui d’habitude n’aime pas les faire – ça me donne mal au crâne et me bousille le dos. En tout et pour tout, je dois passer 2h par mois dans les boutiques en temps normal. Là j’ai cumulé 15h en moins d’un mois.
Et qui dit cumul de boutique, dit cumul d’argent dépensé. Forcément. Parce que je ne suis pas le genre de fille qui peut simplement se balader dans les rayons. Non, si je sors faire du shopping, c’est pour acheter. Appelez ça de la compulsion si vous voulez, moi j’y ai pensé, et j’ai décidé que c’était ma thérapie.
Ma thérapie parce que je suis mal depuis trois semaines et que le fait de retourner à la maison chargée de paquets de vêtements me fait un bien fou. Je ne peux pas expliquer pourquoi. Je suis devenue une obsédée des fringues. Pire, je suis devenue une obsédée de la mode, moi qui, étant normale et dans la moyenne, n’ait jamais été une fashion victime. Obsédée c’est –à-dire que sur Internet, je regarde tous les sites de fringues,je parcours même les blogs. Une fois, je n’en ai pas dormi de la nuit. Après je parcours les boutiques et, une fois revenue des boutiques, je réessaie encore cinquante fois mes pantalons nouvellement achetés. Et une fois que j’ai fini, je pense à ce que je pourrais acheter la prochaine fois. Et pendant quatre jours je me couche tous les soirs, impatiente d’être le cinquième jour, jour de congé, quand je pourrais aller au centre commercial. Ça fait trois semaines que je suis comme ça et je n’en démords pas.
Je crois que j’ai une nouvelle garde robe, toute faite ici à Madrid. Je n’ai aucune idée de comment je vais faire pour l’emmener en France, vu que je n’ai pris qu’un bagage, sur lequel déjà j’étais montée pendant un quart d’heure pour pouvoir le fermer à l’aller ! 
En même temps je ne m’inquiète pas trop. En effet, j’achète plein de trucs, comme ça mais je ne garde pas tout. Ma méthode : je parcours chaque rayon un par un, je pioche toute les fringues que j’aime, je les essaie, je fais une sélection et j’en achète environ le tiers. Et sur ce tiers que je ramène à la maison, que je réessaie – je me prends même en photo avec, pour voir le véritable effet que ça fait !-la moitié va retourner dans le paquet avec le ticket en attendant la prochaine fois que je descende en ville. En fait, quand j’y réfléchis, c’est une excuse pour pouvoir retourner faire les magasins….J’achète des fringues que je n’aime pas vraiment, exprès, en sachant qu’il y a 50% de chance que je ne les garde pas. Ces vêtements vont être échangés par d’autres, plus une nouvelle tournée de fringues, et hop c’est reparti, parcours des rayons, essayage, tri…
C’est ma thérapie pour ne pas penser. Pour ne pas penser que je me sens seule et que je veux revoir ma famille et mon homme. C’est aussi ma thérapie pour sortir un peu de cette maison où je commence à étouffer… d’accord, il y aussi les musées et la découverte de la ville mais à la fin, je ne reviens avec rien à la maison, ce qui ne me donne pas la sensation d’Être comblée. Et puis ce n’est pas aussi excitant, c’est bien beau de se culturer mais à quoi ça me servira quand je reviendrai en France…. Tout le monde s’en fiche du museo del Prado. Mais tout le monde ne s’en fiche pas de la nouvelle paire de Manolo que je porte. C’est déprimant cette futilité je sais. Mais justement. C’est cette superficialité qui me permet de tenir. De m’évader un peu. Cesser d’être intelligente pour cesser de se retourner le cerveau à trop penser. Je préfère être insomniaque à chercher des idées d’habits dans le magasine Elle, que de ne pouvoir dormir parce que je déprime.
Bon, je ne tarde pas, il faut que je fasse mon petit défilé devant mon appareil numérique. Et que je décide de ce que je vais rendre quand j’irai faire du shopping la semaine prochaine !
Publié par Caylony 2 commentaires
Thèmes Espagne, Le pourquoi du comment, Les misères quotidiennes, Quand j'oublie mes neurones
3 août 2007
Boire peut être dangereux pour la santé, hic
Je ne suis pas alcoolique mais forcément, quand il y a une soirée, quand je sors en boîte, quand je sors au resto, j’aime boire. Il faut cependant souligner que je ne bois pas comme un trou, je n ‘ai pas l`habitude d’être bourrée. Au bout de trois verres, j’ai eu ma dose (disons trois verres de vodka pomme ou deux verres de vin).
suite
Mais ça, c’était avant de connaître le tinto de verano. Pour ceux qui ne sont jamais allé en Espagne et qui ne connaissent pas, cette boisson alcoolisée est une sorte de vin mélangé à une boisson gazeuse type fanta. Je ne sais pas exactement, je n’ai jamais pu comprendre, je me contente de boire.
Première fois que je bois un verre de tinto de verano, au bon de vingt minutes, je fais de l’hypertension et mon cœur monte en tachycardie… il est 6h du soir, j’ai les joues en feu. Mais ça va.
Deuxième fois : ça ne va pas du tout. C´était vendredi soir dernier. J’avoue j’étais déjà un peu fatiguée avant d’arriver chez mon amie ; j’avais réussi à faire un trajet de bus et métro en plus d’une heure et demie alors que ça prend normalement trois quarts d’heure.
Bref, j’arrive, elle me propose du tinto de verano (il faut choisir entre lemon ou orange, j’opte toujours pour lemon). Comme je n’ai pas envie de débourser 15 euros en boîte pour un pauvre rhum coca, j’accepte tout de suite.
J’ai dû le boire trop vite. Ou le vin était à 12 degrés. Ou elle m’a droguée. Car 10 minutes après avoir fini mon verre, je me sens mal. Même carrément mal : j’ai froid.
Vous me direz, et alors ? Qu’il y a-t-il d’exceptionnel à avoir froid. Et ben l’exceptionnel c’est qu’il fait 30 degré dehors, que les autres nanas sont au bord de la syncope tellement elles ont chaud et que trois ventilos dans la pièce ne suffisent pas à les rafraîchir (la pièce devant être 5 degrés plus chaude que dehors).
Moi, j’ai froid, j’ai tellement froid, un froid à l’intérieur, que je tremble. Je tremble sans pouvoir m’arrêter. Je n’ai jamais tremblé comme ça de ma vie sauf après le traumatisme d’une énorme crise d’angoisse il y a quelques années. Je ne peux rien contrôler, tout part en vrille, je tremble comme une feuille des pieds jusqu’au cou. Et le froid me prend les tripes. Evidemment, j’ai aussi un peu la tête qui tourne. Le plus bizarre, c’est que j’ai les joues en feu ! Ce n’est pas de la fièvre, à part ça, je ne suis pas chaude et je ne reconnais pas les sensations. Non, je ne peux pas les reconnaître vu que c’est la première fois que ça m’arrive.
Je n’ai bu qu’un verre. Je suis allée me coucher et comme j’avais pas envie de rater la soirée boîte, je me suis levée une demi-heure plus tard. Toujours un peu froid, mais beaucoup moins tremblante. Mon amie me prête un t-shirt pour mettre par-dessus mon top, et on part toutes en boîte. Une fois arrivée, je suis complètement guérie. Mon moment de transe est passé. Il a dure environ une heure. Je n’ai jamais su ce qui m’était arrivé.
Loin de me dégoûter du tinto, j’en rebois un il y a quelques jours. Un verre.
Idem, les joues en feu, la tête un peu à l’envers mais je ne me sens pas mal…jusqu’à quatre heures du matin quand je me réveille en sursaut, avec une sensation de dépersonnalisation et de faiblesse générale. Ça, je reconnais, c’est en général quand je suis bourrée (pour les deux fois dans ma vie où je l’ai été). Si je me lève, je vais avoir la nausée. Alors je suis restée immobile comme ça pendant une heure, attendant que je re-rentre dans mon corps et puisse m’endormir de nouveau.
Le tinto de verano, c’est très bon, je vous assure. Et ça a l’air de ne faire cet effet qu’à moi. La prochaine fois que je sors, je m’en tiendrai au rhum coca. Au bout de trois verres, cette boisson me donne juste l’envie de chanter à tue-tête, pas de me coucher avec la sensation d’être possédée.
J'en profite pour faire un peu de prévention
Boire ou conduire, il faut choisir
réduire
Publié par Caylony 0 commentaires
Thèmes 1 jour pas comme les autres, Espagne
29 juillet 2007
Métro de Madrid : mode d'emploi
Depuis que je suis à Madrid, j’ai pris le métro plus de fois en trois semaines que durant les 21 années précédentes de ma jeune vie. Le seul métro que j’ai connu était celui de Paris et j’en ai une sainte horreur : il est moche, il sent mauvais, il est sale, les gens sont des bourrins et j’ai l’impression de traverser un monde parallèle par une porte à la Stargate à chaque fois qu’il démarre.
Par comparaison, le métro de Madrid est pas mal fichu, il y a l’air conditionné donc adieu la chaleur et adieu les odeurs et les madrilènes sont des gens raisonnables, même envers les touristes. Et pourtant, le métro de Madrid peut être bourré à craquer, même à deux heures du matin. Mais comme on s’y sent pas trop mal, qu’on n'a pas l’impression d’être dans une cage à lapin pas lavé depuis 3 mois, l’ambiance est généralement sympa. On se sent même en sécurité. Quand les gens vous regardent, on n’a pas l’impression qu’ils veulent vous tuer pour avoir oser entrer dans le wagon. Il y en a qui sourient même.
suite
Tout ça est bien beau, mais je trouve quand même un inconvénient. A Paris, le problème ne se pose pas. L’ambiance de guerre froide qui règne dans le métro parisien vous met tout de suite mal à l’aise ou vous plonge tout de suite dans l’indifférence totale ; ainsi, soit vous regardez les gens d’un air méchant ou moqueur ou du genre à penser c’est quoi ce marginal en face de moi, soit vous regardez vos pieds, le mur d’en face, le plan, et tout le monde s’en contre fiche -ou ils vous regardent l’air de penser, c’est quoi ce marginal.
A Madrid, c’est bien différent. Quand tu rentres dans le métro, tout le monde te regardes. Mais de façon sympathique ou plus ou moins curieuse. Donc déjà tu te dis, il faut que je me comporte bien. Tu as deux solutions : rester debout ou s’asseoir sur la banquette.
Les choses se corsent si tu optes pour la deuxième solution . En effet, le métro de Madrid est configuré de manière à ce qu’il y ait plus d’espace et il y a peu de sièges mais qui se font toujours face. Ainsi quand tu t’assieds, tu es forcément en face de quelqu’un –si le métro est presque vide, c’est une chance.
Et là, seulement là, te peux commencer à te sentir mal à l’aise. Tu ne peux pas tenir ta tête droite de façon normale. Ça donne l’impression que tu regardes la personne en face de toi et c’est très gênant car c’est mutuel. Et comme les madrilènes sont un peu plus éduqués que les convoyeurs parisiens, ils ne te dévisagent pas. Ainsi, il faut réfléchir où regarder. A droite, il y aura quelqu’un, à gauche aussi. Et au bout d’un moment, tu te chopes un torticolis. Par terre, ce n’est pas mieux. La personne d’en face croit que tu regardes ses shoes, alors elle les regarde pour vérifier si une crotte ne s’y est pas collée. Et toi tu relèves la tête toute gênée. Après tu regardes le plan du métro, ouais mais il est en hauteur et de toute manière tu le lis 5 secondes et après ça n’a plus d’intérêt. Alors tu vas regarder ton image devant toi, mais c’est pareil ça donne l’impression que tu fixes la personne d’en face. Donc tu vas sortir ton portable pour le tripoter mais moi j’aime pas, parce que tout le monde sait que dans le métro, il n’y a pas de réseau donc on devine tout de suite ton impuissance. Alors tu ne sais plus où regarder, tu te sens super embarrassée et ce qui devait être un voyage en métro très agréable devient un moment des plus gênants de ton existence. Ce qui rajoute à l’embarras est que tu peux sentir que les autres sont dans le même embarras que toi.
Solutions :
* Regarder ses genoux. Pareil que de regarder ses pieds en attendant le bus, ce n’est pas fantastique, on dirait que tu es une extra introvertie.
* Ne pas s’asseoir. Je le fais parfois, comme ça je me positionne comme je veux, de manière à ne pas directement être en face de quelqu’un. Mais ça ne résout pas le problème de où véritablement poser ton regard.
* Prendre un bouquin. Ça c’est génial, j’ai testé, c’est trop bien. Mais il ne faut pas être sensible pour les nauséeux. Idem pour le journal, et pis ça, c’est pas très pratique à déplier dans les transports en commun.
* Fermer les yeux. C’est bien mieux, en plus tu en profites pour te reposer, mais j’ai toujours peur de m’endormir véritablement et de finir par ronfler. Ou de rater ma station de métro.
* Etre accompagné. Le top du top. Tu regardes ton ami, tu lui parles et les autres tombent aux oubliettes.
* Ne pas prendre le métro. Solution radicale. Dans le bus, les sièges sont tous mis dans le même sens. Tu peux regarder les cheveux du mec de devant sans honte.
Ma solution perso : j’ai écrit ces quelques lignes dans le métro… tout le monde pense que je suis une intellectuelle, ou un poète, un romancier, et c’est tellement glamour. Et moi, j’oublie carrément les autres, ne relevant la tête que toutes les 5 minutes pour vérifier les arrêts. Et en plus, c’est productif.
Ayest. Je dois descendre.
réduire
Publié par Caylony 0 commentaires
Thèmes Espagne, Les misères quotidiennes